Quand j’enseigne, je dis des choses que je ne suis probablement pas censée dire.
Des réalités de terrain que les manuels n’abordent pas. Des nuances que les guidelines officielles lissent soigneusement. Des cas concrets qui ne correspondent pas toujours aux exemples propres qu’on trouve dans les cours standardisés.
Je fais ça parce que je considère que la réalité du terrain, même quand elle est inconfortable, vaut mieux que le bullshit bien emballé.
J’ai une conviction assez simple sur la pédagogie : si quelqu’un n’a pas compris ce que j’explique, c’est que j’ai mal expliqué. Pas qu’il est insuffisamment attentif, pas que le niveau baisse, pas que la génération actuelle ne travaille plus. C’est que mon explication était mauvaise, ou inadaptée à cette personne, ou trop rapide. Donc j’en propose une autre. Différente. Avec d’autres exemples.
Cette posture, je l’ai dans mon travail aussi. Avec mes clients. Je ne leur envoie pas des livrables pour faire joli. Je vulgarise, j’explique, je m’assure qu’on parle de la même chose avant d’avancer. Pas parce que c’est dans ma fiche de poste. Parce que quelqu’un qui ne comprend pas ce qu’on fait sur son site ne peut pas prendre de bonnes décisions à partir de là.
Enseigner et travailler, pour moi, c’est le même geste : rendre quelque chose de complexe utilisable par quelqu’un d’autre.
Ce qui change, c’est l’audience. Ce qui ne change pas, c’est l’exigence. Je ne me permets pas d’être approximative en cours sous prétexte que ce sont des étudiants. Et je ne me permets pas d’être condescendante avec un client sous prétexte qu’il ne connaît pas le SEO.
La transmission, ça ne s’improvise pas. Et ça ne se fait pas à moitié.
