On nous a vendu la liberté de choix comme un idéal. Plus de choix, plus de liberté. Plus de liberté, plus de bonheur. Sauf que personne ne nous a expliqué que trop de choix, ça paralyse.
Je le vois partout. Au restaurant : la carte de 50 plats où tu passes vingt minutes à hésiter, contre le menu gastronomique en deux entrées deux plats, où tu as choisi avant même qu’on finisse de te le présenter. Dans le recrutement d’un prestataire : la marketplace avec 400 profils, où tu finis par choisir au hasard parce que tu n’as plus aucun critère solide pour décider. Dans les études, dans les carrières, dans les achats du quotidien.
Le choix, c’est bien. L’absence de choix, c’est une prison. Mais l’abondance de choix, c’est une autre forme de prison – plus sournoise, parce qu’elle ressemble à de la liberté.
Les restaurants gastronomiques ne proposent pas deux plats par souci d’économie. Ils le font parce qu’ils ont compris quelque chose que la grande distribution refuse d’admettre : réduire les options, c’est rendre service. C’est retirer la charge de la décision pour laisser de la place à l’expérience.
Je pense à ça souvent dans mon travail. Quand je simplifie une recommandation au lieu d’en livrer cinquante. Quand je dis « voilà ce qu’il faut faire » plutôt que « voilà les dix options possibles avec leurs avantages et inconvénients respectifs ». Ce n’est pas de l’arrogance. C’est du respect pour le temps et l’énergie de l’autre.
La vraie valeur d’un expert, ce n’est pas de tout exposer. C’est de filtrer pour que vous n’ayez pas à le faire.
